Discours sur l’intuition

À chaque instant, courir un risque, se jeter en avant, en un mot : inventer la vie et le monde, d’un seul et même élan!

Écrire sur les quelques pas qui mène cette personne, votre semblable, vers cette salle revient à vous raconter une part de son existence, elle ne peut vous assister dans l’évocation et l’image qui s’agiteront dans votre esprit mais seulement vous livrer des mots, les siens en l’occurence, pour vous raconter cet instant ô combien subjectif. Pourquoi vous raconter cet instant ? Parce qu’il est révélateur de sa philosophie, l’intuition l’a mené dans cette salle. L’intuition, une idée qu’un simple murmure suffirait à faire disparaître, est ce qui a guidé ses choix d’hier et d’aujourd’hui.

Il a pensé que ce parcours universitaire l’ouvrirait aux autres, à la connaissance, par dessus tout il a voulu porter haut et fièrement ses valeurs de service et d’humilité ; et bien le voici au crépuscule de sa formation initiale avec des doutes et des questionnements, néanmoins avec une certitude : c’est que l’intuition ne lui fera pas défaut ! Alors son itinéraire est comme celui de tout homme ou femme, il a des échecs et des réussites, de bons et de mauvais souvenirs (surtout de bons, le désagréable ne mérite que peu sa place), il a des rêves et des peurs, des idées et des actes à incarner.

À chaque instant, il ne coure pas, il ne se jette pas en avant ; il marche, il marche résolument vers le risque car son intuition lui dit de ne pas lutter pour inventer le monde, mais d’un seul et même élan lui tendre la main et le regarder droit dans les yeux.
Ce qui en adviendra, qui sait ? certainement pas notre ami, quelle prétention aurait-il ?

Son itinéraire ne fait que commencer, il n’est maître de rien et de l’accepter le rend fort. Ses pas l’ont mené devant vous, pour vous dire que sa place dans le monde est aux côtés de la votre, seul il ne peut rien.

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L’adresse politique, la critique mouchetée

J’écoute les déclarations de chacun, parfois la formule est adroite, souvent le message est creux.

Combien de querelles et d’insignifiance au devant des caméras ? Il y a de la complaisance à salir l’image et le nom de l’autre, quitte à appauvrir le débat et ternir l’image de toute une classe politique. J’ai pris en grippe les déclarations assassines de ceux et celles qui ont choisi la chimère au programme politique. Une once d’esprit positif et de rassemblement suffirait à changer le tableau, c’est malheureusement sur l’image que se mène la bataille. Quand je vois le désastre engendré par une simple parole, enregistrée au détour d’un couloir et diffusée sur tous les écrans d’un pays, ça fait froid dans le dos. La violence n’épargne aucun domaine de la vie sociale certes, mais il ne faut pas pour autant excuser son utilisation hasardeuse.

Dans ce microcosme il y a des valeurs et des travers indéniables, mais ce dont il manque cruellement en ce moment c’est de la tempérance et de la discipline. Il y a des dossiers graves à traiter et des idées valables par légions, il faut changer la perspective : tirer le meilleur de chacun et viser le meilleur pour tous. C’est une évidence, ces mots sont d’une simplicité navrante, pourtant il semble bon de les rappeler par les temps qui courent. Il appartient à chacun de revoir sa copie et ses méthodes.

Il y a des postures qui ne trompent pas, c’est l’essence même du titre ci-haut, l’adresse contre la maladresse : la critique « mouchetée », non au sens de l’escrime mais du pelage, celui de la hyène.

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Le rôle du consensus dans la démocratie

 

Pas de démocratie sans conflit
André Bellon

Extrait de l’article : La plupart des partis assignent aux élections européennes l’objectif de « réconcilier » le « oui » et le « non ». Mais cette idéologie du consensus n’est-elle pas antinomique de la démocratie, dont l’objet est d’exprimer les conflits qui traversent la société pour les trancher pacifiquement ?

Après avoir pris le temps de lire plusieurs fois cet article, j’ai réfléchi aux questions centrales qu’il mettait en avant et je dois dire que je ne partage pas entièrement la vision que M. Bellon donne des rapports entre démocratie et conflits sociaux. C’est pour cette raison qu’après avoir extrait les principales thématiques développées par l’auteur, je proposerai ma réflexion.

Les deux arguments majeurs servent une critique de la pratique actuelle de la démocratie, M. Bellon juge que la démocratie doit servir d’espace à l’expression des conflits sociaux et que depuis quelques décennies nous assistons à un recul philosophique : peuple, nation, souveraineté, ces composantes sont dénaturées ou connotées péjorativement. Deux systèmes politiques s’opposent alors : la démocratie, empreinte d’une philosophie traditionnelle et la démocratie  »apaisée », ainsi qualifiée par ce qu’il appelle la pensée moderne et orientée vers la recherche du consensus. Dans cette dichotomie, l’analyse comparative se fait au prisme du suffrage universel direct, les modes d’utilisation de cet outil sont pour l’auteur un critère déterminant pour la définition du régime. Il met en garde des risques existants, déjà expérimentés par le passé : s’il n’y avait pas de réorientation dans la pratique démocratique, dans les instances nationales et communautaires, cela pourrait conduire à l’impossibilité d’expression politique du fait de l’absence d’un espace dédié et donnerait lieu à des conditions favorables à une expression par la violence et l’affrontement de rue ; ensuite l’absence d’espace d’expression politique dédié relèguerait le citoyen au rang de lobby, si tant est qu’il se constitue en groupe d’intérêt. Son analyse prend appui sur une série d’exemples tirés de l’histoire politique française et européenne.

Sur la démocratie et son paradigme

La définition qui présente la démocratie comme un lieu privilégié pour l’expression des conflits sociaux et nécessaire pour trancher les questions qu’ils soulèvent, est pour moi claire et juste. Je partage également le constat de M. Bellon sur la désuétude caractéristique des composantes de la démocratie, mais je nuancerai les propos en ajoutant qu’il faut faire entrer la sociologie et le citoyen dans l’étude de ces phénomènes : quelle est la part de responsabilité entre présentation philosophique des composantes démocratiques et conscience politique du citoyen et de sa place dans le système ? La conscience est le fruit d’évolutions dans les pratiques du pouvoir mais repose aussi sur des choix de société, des choix d’individu.

Deux concepts de la démocratie ?

Lorsque l’auteur évoque les risques que comportent la recherche exclusive de consensus au point de mépriser la valeur sociale et politique d’un conflit, je dis que le consensus ne doit pas dominer le combat social, mais il ne faudrait pas inverser les places : la question importante n’est pas la place hiérarchique de l’un par rapport à l’autre mais le rôle et les objectifs de chacun. Je pense que le consensus est essentiel et que l’utiliser avec prudence c’est la garantie d’avoir un horizon et une technique d’échange sans pour autant priver les conflits de s’exprimer sainement. Il y a des possibles : la juste mesure, le respect des parties et l’ouverture d’esprit.

Les dévoiements que pointe l’auteur nous renvoient à un débat de fond, concernant la conception de la politique. Aujourd’hui, la démocratie a été consacrée comme le principe tendant vers le régime le plus vertueux, où l’économie est un facteur de paix civile au même titre que la sécurité de l’État protecteur. La philosophie politique libérale dans son approche de la politique et du libéralisme conduit à terme à n’envisager la politique qu’à l’image d’une science, un ensemble de techniques plutôt qu’un art. Ce dévoiement est bien plus insidieux que la recherche de consensus, je serai même tenté de penser que cette « quête » du consensus découle de l’émancipation de la pratique par rapport à la philosophie.

Quant à la crainte de voir le peuple se réduire à un simple lobby il faut reconnaître que des mouvements associatifs ont déjà concrétisés cela, après observation des groupes d’intérêts existants et surtout des victoires remportées. Alors, certes c’est un signe du rabaissement de la place du citoyen dans la vie politique, mais est-ce pour autant une raison de s’en tenir à la critique ou mieux vaut-il agir avec les « nouvelles armes » qui ont fait leurs preuves et qui assureraient aux citoyens un espace d’expression ? Je pense qu’il ne faut pas rester dans le dénigrement, on ne peut refaire le monde, il faut savoir faire évoluer les méthodes du combat social.

Sur la critique de l’union européenne

Le gouvernement de l’Europe manque certainement de démocratie, mais je ne répondrai à cela qu’il n’y aura rien de nouveau tant qu’il n’y aura pas une Europe politique.

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